Le vin, la viticulture et son commerce
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Jouissant d’une très ancienne et très grande réputation, le vignoble de Tonnerre fut prospère jusqu’à la crise du phylloxéra, à la fin du XIXème siècle, qui le fit disparaître presque totalement. Ce sont les moines des abbayes de la région qui, les premiers, entre le IXème et le XIIIème siècles, ont mis au point les techniques de culture de la vigne. Peu à peu les Tonnerrois se sont mis à cette culture et au début du XIXème siècle, il était impossible de quitter la ville de Tonnerre sans rencontrer de vignes. Le témoignage de Le Maistre en 1852 est éloquent : « Epineuil, situé au milieu des vignes, est un pays essentiellement vinicole. Tout habitant naît vigneron, cultive la vigne, devient propriétaire de vignes, récolte et vend du vin, le premier élément de sa fortune ». |
Les principaux vignobles du Tonnerrois s’étendaient le long de la vallée de l’Armançon, aux flancs des coteaux formant une succession de petits vallons à des expositions diverses (les meilleures étant au levant et midi). Les sols calcaires, à terre rouge ferrugineuse, ou des marnes argileuses, étaient des plus favorables à la vigne.
Rapidement les vins tonnerrois ont acquis la réputation d’être les meilleurs de l’Yonne, ou du moins d’être plus généreux que ceux même de la côte d’Auxerre, sinon plus fins et plus distingués. Le vin d’Epineuil est particulièrement apprécié. En 1778, on écrit qu’« à Epineuil, le vin est très bon. On peut le faire en blanc ou en rouge. La façon y contribue beaucoup, mais aussi le sol et le climat ». En 1850, on peut lire : « Les vins blancs d’Epineuil sont délicieux et peuvent rivaliser avec les meilleurs Chablis... ils approchent des premières cuvées de Meursault. »
Tous les vins du Tonnerrois se conservant parfaitement, les vignerons vendaient leurs productions à Paris bien sûr, mais également en Champagne et même en Lorraine et jusque dans le Nord de la France. Le commerce du vin se faisait en grande partie par eau sur des barques à fond plat.
Au début du XXème siècle, le vin du Tonnerrois n’existe pratiquement plus. C’est seulement dans les années 1960-70 que quelques viticulteurs se lancent le défi de faire renaître ces vignes. Aujourd’hui, le vignoble tonnerrois réinvestit peu à peu les coteaux de Tonnerre, Epineuil et Molosmes avec des cépages typiquement bourguignons : le chardonnay pour les blancs et le pinot noir pour les rouges et les rosés.
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